Cette croix monumentale est réalisée en fonte ajourée. Ses extrémités sont fleurdelisées, et les bras sont ornés de motifs végétaux, notamment des épis de blé, inscrits dans un cercle décoré de petites croix de Malte. Au centre du croisillon, sous une arcature gothique, figure le Christ en majesté (Pantocrator), représentation du Christ souverain. Au-dessus de sa tête, l’Esprit Saint est figuré de manière inhabituelle sous la forme d’un faucon crécerelle. Sous ses pieds, un angelot aux cheveux ondulés et aux yeux baissés complète la composition. Autour de la croix centrale sont disposés les instruments de la Passion : un marteau et une tenaille, une jarre attachée à la couronne d’épines, ainsi que divers motifs végétaux : feuilles et fleurs de typha, grappe de raisin et feuilles de vigne, épis de blé. La base de la croix est ornée de volutes, de feuilles d’eau, ainsi que de motifs de vigne et de raisins, dans une symbolique à la fois eucharistique et végétale. Le socle mouluré, aux angles arasés, semble correspondre à la réutilisation d’un ancien bénitier. L’ensemble repose sur une large table rectangulaire en granit, elle-même posée sur un piédestal en béton. L’église de Budelière, dédiée à saint Gaudens et saint Clair, a été édifiée en 1852. Une tradition locale rapporte que, lors d’un séjour officiel dans les stations thermales de Néris-les-Bains et Évaux-les-Bains, Napoléon III aurait séjourné au château de Villederie, chez le comte de Lapelin, et aurait procédé à l’inauguration de l’église. Cependant, les recherches historiques menées jusqu’en 2025 n’ont pas permis de confirmer la présence de Napoléon III en Creuse, et aucun élément probant ne permet d’attester cette visite. De plus, le mobilier liturgique mentionnant un don impérial, notamment les quatre chandeliers entourant le tabernacle et la croix du chœur portant l’inscription : « Donné par Sa Majesté Napoléon III à l’église de Budelière, 1870 » n’a pas été retrouvé, malgré des recherches approfondies. Ces éléments relèvent donc, en l’état actuel des connaissances, d’une tradition orale non vérifiée.
Source : Henry Nore, Yves Rouchon, Claude Royère