Croix en Creuse
Les témoins de notre histoire

Cette pierre tombale, conservée dans l’église Saint-Pierre de Fursac, constitue un remarquable témoignage de l’art funéraire religieux de l’Ancien Régime. Son décor sculpté, organisé autour d’une grande croix centrale, révèle sans ambiguïté la sépulture d’un prêtre. La dalle est ornée d’une croix à extrémités élargies, proche d’une croix pattée ou barbée. Cette croix, qui occupe la majeure partie de la surface, symbolise le salut et l’espérance de la résurrection. Autour de la croix sont disposés plusieurs symboles liturgiques : un calice à côté d’une hostie, représentation de l’Eucharistie, signe caractéristique d’une sépulture sacerdotale, un livre liturgique fermé, probablement un missel et deux mains sculptées tenant un manipule, ornement sacerdotal porté au bras gauche lors de la messe selon le rite traditionnel. En l’absence d’inscription visible, la datation repose sur le style et l’iconographie. Ce type de composition est fréquent entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle, avec une probabilité forte pour les XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles dans le contexte des églises creusoises. Parmi les curés attestés de Fursac : Pierre de Tranchecerf (1606), Conchard (1692), Delcayre (1710 et 1721), Rocherolles (1751 et 1764), Vincent Dubrac-de-Villaudran, nommé en 1770, déporté pendant la Révolution et revenu en 1803, Jean Tanchon (nommé en 1803), Bohier (1823 et 1829), Lavaud (1837 et 1839), Joseph Guimbaud (1839) et Louis Dubreuil (1891).

Source : cghml.com, Claude Royère