Cette croix est taillée dans un bloc de granit. Les bras sont courts et épais, aux extrémités légèrement élargies, aux arêtes adoucies. Aucun décor sculpté ni inscription n’est visible sur la face présentée. Le fût, de section rectangulaire, légèrement trapézoïdale, est dépourvu de mouluration et d’ornementation.
La croix repose sur un socle à deux niveaux : un dé intermédiaire cubique et mouluré, un soubassement inférieur rectangulaire, plus large, assurant la stabilité de l’ensemble. Selon la tradition orale, cette croix serait liée à un épisode remontant à la période des Grandes Invasions, lorsque les Vandales pénétrèrent dans l’ancienne Gaule romaine, réputés pour leur brutalité. À l’approche de leur arrivée aux abords de Fursac, la population se serait réfugiée dans les bois. Seules deux jeunes chrétiennes, Rufine et Justine, seraient restées dans l’oratoire afin de prier. Lorsque les envahisseurs atteignirent le lieu, elles subirent de mauvais traitements mais refusèrent de dénoncer leurs compatriotes. Elles furent alors décapitées. La tradition rapporte que Rufine se releva, prit sa tête entre ses mains et se dirigea vers une fontaine, située entre le village de la Croix et celui des Sibieux, lieu auparavant associé à un ancien culte païen. À la vue de ce prodige, les Vandales auraient été saisis d’effroi et auraient pris la fuite. Depuis cet événement, la source fut connue sous le nom de fontaine Sainte-Rufine. Des pèlerinages annuels y furent organisés jusqu’aux années 1970. La fontaine ayant aujourd’hui disparu, seule la croix a pu être conservée. Elle a été réimplantée près du chemin qu’aurait autrefois emprunté Rufine, perpétuant ainsi la mémoire de cette tradition locale.
Source : Claude Royère