Croix en Creuse
Les témoins de notre histoire

Cette pierre est située sur la façade de la chapelle Saint-Fiacre de Paulhac, attenante à l’église Saint-Jean. La chapelle appartient à l’ancien ensemble templier de Paulhac, fondé au XIIᵉ siècle puis repris par les Hospitaliers. L’édifice lui-même est généralement daté du XVe siècle, son portail à décor flamboyant aurait été réalisé lors de la construction ou d’une reconstruction importante de la chapelle à cette époque. La pierre gravée paraît avoir été intégrée intentionnellement dans la façade, à gauche du portail. Le style architectural de ce dernier accolade flamboyante, pinacles et animaux sculptés évoque en effet la fin du XVe siècle ou le début du XVIe siècle. L’inscription semble donc probablement contemporaine de la chapelle, ou légèrement postérieure. Concernant la lecture, l’inscription peut être interprétée comme : L’HONONOR
Une hypothèse plausible consiste à y voir une graphie ancienne ou phonétique du mot « honneur », influencée par le latin honor. Dans les inscriptions médiévales et rurales, les variations orthographiques sont fréquentes : redoublements de lettres, formes phonétiques ou latinisation partielle des mots. Le terme pourrait ainsi désigner : « l’honneur » ou « l’honneur de Dieu » / « l’honneur du saint ». Le premier signe pourrait correspondre à l’article abrégé « L’ ». La position de cette pierre renforce l’idée d’une inscription symbolique ou dévotionnelle. Elle est placée près de l’entrée de la chapelle, à hauteur visible, indépendamment des autres éléments architecturaux, comme une devise, une invocation ou une pierre commémorative. Cette disposition ne correspond pas à celle d’un simple réemploi de matériau. Le style des lettres est particulièrement remarquable : caractères gothiques tardifs, très étirés verticalement, aux hampes profondément creusées. Cette écriture rappelle certaines inscriptions de confréries, de chapelles seigneuriales ou encore des devises pieuses de la fin du Moyen Âge. Une autre possibilité serait que cette pierre ne conserve qu’un fragment d’une inscription plus longue, par exemple : « L’HONOR… » « EN L’HONOR… » « A L’HONOR DE… ». Dans les textes médiévaux, notamment dans les régions de langue d’oc ou dans les inscriptions d’influence franco-latine, le terme honor apparaît fréquemment.

Source : cghm.com, wikipedia.org, archives-française.fr, pop culture.com, Claude Royère