Le 19 février 2022, Danielle Fauriaux, qui avait participé aux processions de la Vierge noire durant sa jeunesse, a livré le témoignage suivant : « La procession avait lieu le 15 août. La Vierge noire était sortie de l'église. Autrefois, elle était portée par quatre jeunes filles. Le cortège se dirigeait ensuite vers la Vierge du Puy, située près du cimetière. Un arrêt était effectué devant la maison de l'ancien prêtre orthodoxe Robert Ramillon, qui avait installé une statue de la Vierge à côté d'une petite mare réputée pour ses pouvoirs guérisseurs. Des cantiques étaient chantés devant cette source et la statue de la Vierge, puis la procession reprenait son parcours pour s'achever à la croix de la place. » La statue de Notre-Dame-sous-Terre, communément appelée Vierge noire, est conservée dans la crypte de l'église Saint-Quentin, sous le chœur de l'édifice. Cette crypte romane, datée du XIᵉ siècle, est l'une des parties les plus anciennes de l'église et constitue depuis des siècles un important lieu de dévotion. La statue est une Vierge à l'Enfant sculptée en bois polychrome, haute d'environ 80 cm. Elle est généralement attribuée au XVIᵉ siècle, bien que son style volontairement archaïsant lui confère une apparence plus ancienne. Marie est représentée assise, tenant l'Enfant Jésus sur son genou gauche. Une particularité remarquable est la présence d'une croix pectorale peinte sur la robe de la Vierge ainsi que sur le vêtement de l'Enfant. La polychromie s'est progressivement obscurcie au fil des siècles sous l'effet de la fumée des cierges, ce qui explique son appellation traditionnelle de « Vierge noire ». L'œuvre a fait l'objet d'une restauration en 2011, qui a permis de stabiliser son état de conservation tout en préservant sa patine ancienne. Pendant plusieurs siècles, la statue a été l'objet d'un important pèlerinage local. Les habitants de la région venaient invoquer Notre-Dame-sous-Terre pour obtenir sa protection, notamment en faveur des jeunes enfants. La crypte conservait autrefois de nombreux ex-voto vêtements d'enfants, rubans, petits souliers témoignant des grâces obtenues ou des prières confiées à la Vierge. Les voûtes portent également de nombreux graffiti laissés par les pèlerins au fil des générations. Cette dévotion populaire constitue l'un des aspects les plus marquants de l'histoire religieuse de la commune. La statue est inscrite au titre des Monuments historiques comme objet depuis le 23 février 1973.
Source : Danielle Fauriaux, pop culture, Claude Royère