Croix en Creuse
Les témoins de notre histoire

Cette croix en bois couronne l’édicule de la fontaine Sainte-Valérie. Il s’agit d’une croix latine de facture simple et élancée. Sa particularité réside dans la présence de quatre pièces courbes rapportées : deux arcs au-dessus du croisillon et deux arcs inférieurs formant accolade sous le bras horizontal. La croix est fixée sur une petite embase métallique assurant la jonction avec la couverture en bardeaux de châtaignier. Une source aménagée au niveau du sol jaillit à travers une margelle monolithe en granit. Les eaux de cette fontaine étaient traditionnellement réputées pour guérir les maladies infantiles, les fièvres intermittentes et les affections oculaires. On y venait prier, faire des offrandes et accomplir des neuvaines. Le lieu demeure fréquenté : la niche abrite une statue de la Vierge. L’eau s’écoule à ras du sol au centre d’un monolithe évoquant les dispositifs des anciennes fontaines à caractère sacré. L’édifice est fermé sur trois côtés. Selon la tradition locale, c’est en ce lieu que se seraient arrêtés les moines venus de l’Abbaye Saint-Martial de Limoges pour fonder un monastère dans la vallée du Chambon. Ils transportaient, dit la légende, les reliques de Sainte Valérie de Limoges dans une châsse d’or. La légende rapporte que Valérie, fille du gouverneur de Limoges, fut promise à un haut fonctionnaire romain païen. Refusant le mariage, elle fut condamnée à la décapitation. Un miracle survint : le bourreau fut frappé par la foudre. Valérie, portant sa tête, marcha jusqu’au Puy Saint-Étienne, où saint Martial célébra la messe. Celui-ci pria pour son âme, et la jeune fille mourut dans la paix de Dieu.

Source : Claude Royère