Cette croix de procession est un objet liturgique destiné à être porté en tête des processions religieuses. La croix est réalisée en métal argenté et présente une forme simple, à branches rectilignes légèrement élargies à leurs extrémités. Au centre figure un Christ crucifié en ronde bosse, rapporté sur la croix. Le Christ est représenté vivant ou agonisant : les bras étendus horizontalement, la tête légèrement inclinée, le corps vêtu d’un périzonium (pagne) court noué à la taille. Au sommet de la traverse verticale est fixé le titulus portant l’inscription « INRI », rappel de la formule latine Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum (« Jésus de Nazareth, roi des Juifs »), inscription placée selon la tradition au-dessus du Christ lors de la Crucifixion. La croix repose sur un nœud ou collerette métallique de forme ovoïde. Sous ce nœud se trouve une douille métallique cylindrique qui s’emboîte dans la hampe. Celle-ci est constituée d’une partie supérieure métallique et d’une longue tige en bois verni. La croix et les deux bannières étaient autrefois utilisées lors d’une procession organisée chaque année le 15 août, jour de la fête de la Vierge Marie (Assomption) à travers le bourg. Cette procession, qui constituait un moment fort de la vie religieuse locale, s’est interrompue vers 1962, dans le contexte du déclin progressif des pratiques processionnelles rurales au cours du XXᵉ siècle. L’une des bannières représente la Vierge Marie, en lien direct avec la solennité du 15 août. L’autre est consacrée à saint Nicolas, saint particulièrement vénéré dans la tradition chrétienne et souvent invoqué comme protecteur. Ces bannières constituent aujourd’hui un témoignage matériel précieux de la piété populaire et des pratiques religieuses collectives qui rythmaient autrefois la vie du village.
Source : Christiane Landon, Marie Thérèse et Maurice Jolicard, Claude Royère