Au lieu-dit La Chapelle, sur la commune de Lépaud, se trouvait autrefois une petite église paroissiale médiévale appelée La Chapelle-sous-Lépaud, aujourd’hui disparue. Les sources anciennes, notamment les pouillés du diocèse de Limoges, mentionnent cet édifice sous diverses formes latines, telles que Capella de Lespaut. L’emplacement présumé de l’ancienne église correspondrait aujourd’hui au secteur où a été construit un bâtiment agricole. À environ 80 mètres de ce site, au pied d’un ancien tilleul, se trouve un bloc de granit présentant une cavité creusée en forme de V, percée au fond d’un petit trou d’évacuation. Cette pierre pourrait correspondre à une piscine liturgique, également appelée lavabo d’église. Dans les églises et chapelles médiévales, ce type d’aménagement était généralement scellé dans le mur, à proximité de l’autel. Il servait au lavage des mains du prêtre ou au rinçage des objets liturgiques, l’eau s’écoulant ensuite par un petit orifice directement dans la terre, conformément à l’usage liturgique. D’autres blocs de pierre provenant vraisemblablement de l’édifice semblent se trouver à proximité, notamment l’ancien bénitier, ce qui pourrait correspondre aux matériaux récupérés après la disparition du bâtiment. Ce vestige présente un intérêt patrimonial local, car il témoigne de l’existence de cette chapelle aujourd’hui disparue et contribue à la mémoire historique du village de La Chapelle. D’après les sources disponibles, la chapelle de La Chapelle-sous-Lépaud semble remonter au Moyen Âge, probablement aux XIIᵉ ou XIIIᵉ siècles. Son architecture aurait été romane, ce qui correspond à la période de fondation de nombreuses petites églises rurales dans la Marche et le Limousin. XIIᵉ – XIIIᵉ siècles, probable création de la chapelle. Les documents ecclésiastiques mentionnent le lieu sous la forme latine Capella de Lespaut. XIVᵉ siècle : l’édifice apparaît dans divers documents ecclésiastiques, il sert de lieu de culte pour le hameau et dépend du diocèse de Limoges. XVe – XVIᵉ siècles, maintien du culte paroissial, la chapelle demeure active, bien que peu de sources décrivent son évolution architecturale. XVIIᵉ siècle : l’église est toujours en usage et placée sous le vocable de Saint Martial et Saint Laurent. Les registres diocésains attestent la présence de curés et de paroissiens. XVIIIᵉ siècle : la chapelle est encore recensée dans les pouillés du diocèse et les registres de décimes. La paroisse déclina ensuite progressivement et l’édifice finit par tomber en ruine. Le hameau de La Chapelle fut administrativement rattaché à la commune de Lépaud le 28 novembre 1834, marquant la disparition progressive de l’ancienne paroisse. Aujourd’hui, seuls quelques vestiges dispersés, dont ces pierres pouvant correspondre à une piscine liturgique et à un bénitier, semblent rappeler l’existence de cet ancien lieu de culte médiéval.
Source : pop.culture.gouv.fr, Patrice Mahaut, Claude Royère