Le piédroit du portail d'entrée du cimetière Saint-Gilles renferme une pierre en granit soigneusement dressée, manifestement en réemploi, portant une inscription gravée dans un cartouche rectangulaire. Cette pierre contraste avec la maçonnerie environnante, constituée de blocs irréguliers montés en pierre sèche, ce qui laisse supposer qu'elle provient d'un édifice plus ancien. L'inscription est composée de quatre caractères, dont la lecture la plus vraisemblable est 1840. Les chiffres « 1 », « 8 » et « 0 » sont nettement identifiables. Le troisième caractère présente une forme triangulaire pouvant évoquer la lettre « A », mais il correspond très probablement à un 4 selon une graphie ancienne, dite « ouverte », fréquemment employée par les tailleurs de pierre entre la fin du XVIIIᵉ siècle et la première moitié du XIXᵉ siècle. L'hypothèse d'une lecture de type ANNO paraît peu probable, en raison de l'absence des lettres qui devraient normalement compléter cette formule. Centrée dans un cartouche soigneusement exécuté, cette gravure ne correspond pas à une simple marque de tâcheron, mais plutôt à une inscription destinée à être vue, indiquant vraisemblablement une date de construction, d'achèvement ou de remaniement. Le format de la pierre et la disposition de l'inscription laissent penser qu'elle pourrait provenir d'un ancien linteau de porte, d'un piédroit ou d'un autre élément de façade, réemployé lors de la construction ou de la réfection du portail du cimetière. En l'absence de documents d'archives permettant d'en déterminer l'origine avec certitude, cette pierre constitue un témoignage intéressant du réemploi de matériaux anciens, pratique courante dans les constructions rurales creusoises. La lecture 1840 peut être retenue avec un bon degré de vraisemblance, tout en demeurant une hypothèse.
Source : Michel Truffy, Claude Royère